LA CONSCIENCE 📌
SÉRIES L-ES-S

Fiche de synthèse : notions clés, définitions, questions essentielles, thèses et arguments à retenir Première approche

Le pouvoir de dire ❝Je❞
✍🏻 EMMANUEL KANT

La conscience, ❝juge infaillible du bien et du mal❞
✍🏻 JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Nous sentons avant de connaître 1️⃣; et comme nous n'apprenons point à vouloir notre bien et à fuir notre mal, mais que nous tenons cette volonté de la nature, de même l'amour du bon et la haine du mauvais nous sont aussi naturels que l'amour de nous-mêmes. Les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments. Quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au dedans de nous, et c'est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir 2️⃣. […] Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions; sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste

PHILO DOUCE 😜
Le dilemme du hérisson

Par une froide journée d'hiver, raconte Schopenhauer dans ses Parerga et Paralipomena, des porcs-épics se pressent en groupe serré pour se réchauffer. Mais blessés par les piquants de leurs congénères, ils doivent aussitôt s'écarter les uns des autres. Bientôt le froid glacial les contraint de se rapprocher de nouveau. Quelque temps ballottés entre ces deux maux, ils finissent par trouver entre eux la bonne distance, celle qui leur rend la situation supportable. Tel est le dilemme du hérisson (ou du porc-épic) : le besoin que j'ai de mes semblables (besoin d'aimer et d'être aimé, entre autres) me pousse à rechercher leur compagnie; cependant, la proximité des autres très vite me pèse, car elle est source de frustrations et de conflits. Ainsi toute la difficulté est de trouver avec autrui cette bonne distance qui, entre solitude et promiscuité, nous le rendrait supportable…

PHILO DOUCE 😜
Cherche moitié désespérément…

Invité, dans le Banquet de Platon, à prononcer l'éloge de l'Amour, le poète Aristophane rapporte un bien étrange mythe. À ses débuts, l'humanité, dit-il, était composée, non de deux, mais de trois genres : le masculin, le féminin et l'androgyne (moitié homme, moitié femme). De forme sphérique, ces premiers humains, dotés de deux paires de bras, de deux paires de jambes et de deux «organes de la génération», étaient aussi puissants qu'audacieux, si bien qu'ils entreprirent un jour d'escalader le ciel pour y combattre les dieux. Pour punir leur arrogance et les affaiblir, Zeus, maître de la foudre, sépara chacune de ces créatures en deux, «comme on coupe un œuf avec un cheveu». C'est cette séparation originelle qui explique, selon Aristophane, que chaque humain, quelle que soit sa sexualité, cherche perpétuellement sa moitié pour s'unir à elle et rétablir ainsi l'unité primordiale.

PHILO DOUCE 😜
Au premier coup d'œil

En 1688, le philosophe irlandais William Molyneux adressa à Locke, qui le rapporte dans son Essai sur l'entendement humain, le problème suivant. Supposons qu'un homme, aveugle de naissance, ait appris à distinguer par le toucher un cube et une sphère de tailles sensiblement égales. Retrouvant soudainement la vue, ce même homme serait-il capable de reconnaître, rien qu'en les regardant, le cube et la sphère posés sur une table devant lui ? Locke, persuadé que même les plus simples de nos idées s'acquièrent par l'expérience, répond à cette question par la négative. Mais le «problème de Molyneux» va enflammer le petit monde des philosophes : Berkeley, Leibniz, Voltaire, Condillac, parmi d'autres, prennent position, et Diderot lui consacre la dernière partie de sa Lettre sur les aveugles. C'est que ce problème soulève de nombreuses questions, notamment sur la perception (est-elle immédiate ou suppose-t-elle un apprentissage ?) et sur l'articulation de…

✍🏻 PLATON
Entre amis, tout doit être commun

Dans ce dernier dialogue — le seul où Socrate n'apparaît pas —, Platon poursuit la description, commencée dans La République, de la cité idéale. Celle-ci ne connaît ni la rivalité ni la discorde, puisque tout, jusqu'aux femmes et aux enfants, y est mis en commun et partagé de façon égalitaire. Passant pour la première forme de communisme, système politique reposant sur l'abolition de la propriété privée, le modèle platonicien assume ici son statut d'utopie car s'il convient aux dieux, rien ne dit que les humains soient capables de le réaliser quelque part un jour…

LA MATIÈRE ET L'ESPRIT
SÉRIES L-ES-S

Première approche

Le corps fait obstacle à notre quête du vrai
✍🏻 PLATON

Sur le chemin qui mène à la connaissance des ultimes réalités (les essences), le philosophe se heurte à un obstacle de taille : son propre corps ! Notre âme en effet, qui seule peut saisir les Idées du monde intelligible, s'est incarnée à notre naissance dans un corps qui, lui, ne perçoit d'abord que les apparences fuyantes du monde sensible. Aussi ne pouvons-nous étendre notre savoir qu'en nous détachant autant que possible de ce corps dans lequel notre âme est comme prisonnière — un objectif qui préfigure la mort, en tant qu'elle est séparation de l'âme et du corps.

Nul ne sait ce que le corps peut faire
✍🏻 BARUCH SPINOZA